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JUIN 2017
Méditerranée…

Bientôt, l'été. la Méditerranée va accueillir sur ses rivages des millions de vacanciers. La mer, le soleil, la fête... voilà ce qu'ils recherchent et trouveront. Ils oublieront la grisaille des jours, des autres jours... Pourtant, pas si loin de là, le drame continue.
Depuis le début de l'année, les côtes italiennes ont accueilli plus de 50 000 migrants venus principalement d'Afrique. Pour la seule journée de mercredi 24 mai, les garde-côtes italiens ont indiqué que plus de 1 800 personnes ont été secourues en mer.
On a aussi retrouvé 34 cadavres dont une dizaine d'enfants, noyés parce que leur embarcation, un vieux bateau de pêche, transportant environ 500 personnes avait chaviré. Le jeudi précédent, un canot pneumatique s'est dégonflé et plus de 150 migrants ont disparu en mer.
La liste des drames est longue. Elle n'est malheureusement pas close...
Le Monde rapporte que, selon les spécialistes de l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), plus de 1250 personnes sont mortes ou disparues en Méditerranée centrale depuis le début de l'année.

Un mort ou disparu pour 34 arrivées en Italie !


MAI 2017
ET DEMAIN ?

Depuis le 23 avril, ils ne sont plus que deux candidats au poste de président de la République Française. Quelles sont leurs prises de position sur la question des migrants et des réfugiés ? Le Monde a publié un article où il compare les 11 candidats du premier tour. Nous en avons tiré ce qui concerne Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

À propos des frontières, Marine Le Pen pense que la régulation de l’immigration n’est plus assurée par Frontex et qu’il faut sortir de Schengen pour retrouver les frontières nationales. Pour les renforcer, il faudrait, selon elle, créer six mille postes de douanier supplémentaires.Elle demande aussi le rappel des réservistes. Pour Emmanuel Macron, les frontières actuelles de Schengen sont suffisantes, mais il souhaite renforcer les effectifs des gardiens des frontières de l’Europe.

Sur le droit d'asile, Marine Le Pen veut durcir les conditions de l’asile. La candidate du Front national insiste sur la nécessité de «rendre impossible la régularisation ou la naturalisation des étrangers en situation illégale». Emmanuel Macron désire raccourcir le délai de réponse de l’administration en renforçant les services compétents (n.d.l.r. : l'OFPRA en premier).

Des quotas sur les titres de séjour ? Emmanuel Macron y est opposé. Quant à Marine Le Pen, elle recommande de «réduire l’immigration légale à un solde annuel de dix mille personnes». Pour information, en 2016, 227 500 étrangers ont obtenu leur premier titre de séjour en France.

Depuis 1515, un enfant né en France de parents étrangers devient automatiquement français à ses 18 ans, s’il vit dans notre pays et s’il y a vécu plus de cinq ans. C'est le droit du sol. Marine le Pen veut le supprimer au bénéfice du droit du sang (nationalité par filiation).
A l'opposé, Emmanuel Macron veut le maintenir.

Le regroupement familial permet à des membres de la famille d’un ressortissant étranger de le rejoindre en France. Cela représente environ 12 000 entrées par an. Emmanuel Macron est favorable au maintien des conditions actuelles.La candidate du Front national parle de «mettre fin à l’automaticité» du regroupement familial (ce qui n'est d'ailleurs pas le cas aujourd’hui).

L’aide médicale d’État (AME) offre une couverture de soins minimale aux résidents étrangers en situation irrégulière et précaire qui sont en France depuis au moins trois mois et dont les ressources ne dépassent pas un plafond (9 709 euros par an pour une personne seule par exemple). Emmanuel Macron est pour le maintien.
Au contraire, Marine Le Pen veut la supprimer.

D'un côté, une France qui se replie strictement sur elle-même et s'enferme dans des murs. De l'autre, une France ouverte qui souhaite continuer à accueillir. Ils ne nous parlent pas du même pays !.


Avril 2017
Que c'est triste Venise…

L'information est passée pratiquement inaperçue. Trop inaperçue.

Un jeune Gambien qui avait traversé la Méditerranée dans les conditions que l'on sait, s'est noyé dans le Grand Canal de Venise. Semble-t-il pour se suicider. Triste épilogue d'une histoire humaine trop courte.

Mais, il y a bien plus. Personne n'est venu à son secours. Or il y avait comme d'habitude des centaines de personnes présentes. Beaucoup d'entre elles ont pris des vidéos en pensant peut-être montrer les images à leurs amis au retour de leur voyage ou, simplement, pour les mettre sur la toile. Dans ces vidéos, on entend des rires et des sarcasmes : « quel crétin ! Laissez-le se noyer au point où on en est ! » Je ne sais pas où était le spectacle le plus triste : dans le canal ou sur les quais ?

Dans un premier temps, la municipalité de Venise a fait observer que ces paroles dites en italien, n'étaient pas prononcées avec l'accent local ! Pour se dédouaner de quoi ?

En tout cas, cette histoire nous dit jusqu'où peut aller la détresse des migrants. Elle témoigne aussi de la bêtise et de la méchanceté de notre société occidentale, de son inhumanité.

Il s'appelait Pateh Sabally, avait 21 ans. Il avait simplement rêvé d'accueil et de liberté...


FÉVRIER 2017
LE DROIT OU LA MORALE

Erythréens, Soudanais et autres Africains, hommes, femmes, enfants, quelques-uns d'entre-eux arrivent enfin au bout d'un périple hasardeux dans la vallée de la Roya en France, près de la frontière italienne. Dans leur pays, ils ont connu la guerre civile, les exactions de groupes armés, un vie tellement difficile qu'ils ont pris la route, certains d'arriver un jour dans un pays accueillant où ils pourront refaire leur vie. Un long, très long voyage... sur des routes peu sûres, souvent à pied, avec un maigre pécule qui rapidement disparaît : il faut manger, payer le droit d'avancer. Entre le Soudan et la mer, c'est le désert. Ils avancent et se retrouvent en Libye face à la Méditerranée qui, une fois traversée, donnera accès à l'Europe.

L'épreuve n'est pas terminée : il faut trouver l'argent pour financer le passage : un travail d'esclave dans un pays lui-même en proie aux violences civiles, des rançons à payer pour rester libres, l'appel aux familles restées au pays... Un jour, le passeur annonce qu'il faut partir... Sur un bateau gonflable à peine stabilisé, on entasse plusieurs dizaines de personnes, un maximum de personnes pour gagner le plus d'argent possible. On dit que ce trafic rapporte plus que le trafic de drogue...

Du carburant juste nécessaire pour atteindre la limite des eaux internationales, le savent-ils ? Et c'est parti. Avec de la chance, ils rencontrent l'Aquarius qui les recueille pour les conduire dans un port italien. Les hommes et les femmes de SOS Méditerranée soignent, nourrissent.

Des jours, des semaines après, quelques-uns passent la frontière entre l'Italie et la France et sont accueillis, par quelques habitants de la vallée de la Roya pour un temps de réconfort avant de repartir dans ce périple qui n'en finit pas : ils veulent aller en Grande-Bretagne, en Suède...

Un élu de la région trouve cela indécent et dépose plainte au nom d'une loi qui limite les passages en frontière. Un agriculteur est jugé pour les avoir hébergé quelques jours. On ose parler de délit de solidarité !

D'un côté le droit, de l'autre une certaine idée de la liberté de conscience.


JANVIER 2017
Il y a deux sortes de Syriens. Celui d'Alep en train de fuir les bombes avec femme et enfants. Cet homme que l'on voit dormir en famille sous une couverture jetée à même le sol. Celui que l'on regarde en téléspectateur en jetant une petite larme, à l'approche de Noël.

Et puis, il y a l'autre. Celui qui a survécu aux bombes avec femme et enfants. Cet homme qui est arrivé jusqu'à Lille ou Paris (ou à Nîmes) et que l'on voit dormir en famille sous une couverture jetée à même le sol. Celui que l'on découvre en voisin et qui encombre le trottoir au moment des courses de Noël.

La situation de victime provoque la compassion. Celle de réfugié entraîne le rejet. Et certains ne se gênent pas pour endosser les deux attitudes.

Chacun avec sa femme, ses enfants, sa couverture et son coin de trottoir, ces deux hommes sont pourtant les mêmes. A ceci près : le premier va peut-être mourir, le second bataille pour subsister. Pleurer le mort, enjamber le vivant. Ainsi va l'indignation.
 


Décembre 2016
Créé en 1995 avec le soutien de Médecins du monde, d'Amnesty International France et de l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat), le centre Primo Levi est le principal centre de soins en France consacré aux réfugiés ayant été victimes de violences politiques. Cette association offre, chaque année, à près de 400 personnes une prise en charge psycho-médicale et un accompagnement juridique et social.

Dans son rapport « Persécutés au pays, déboutés en France », publié le 17 novembre, l'organisation non gouvernementale détaille les "failles" de la procédure d'asile dans notre pays.

Loin d'être la terre d'accueil des opprimés, la "patrie des droits de l'homme" n'arriverait qu'au 25e rang des pays en termes de taux d'octroi de l'asile politique. "La France est pourtant loin d'être submergée de demandes : en 2015, sur les 24,5 millions de personnes contraintes à fuir leur pays à travers le monde, l'Europe a reçu 1,26 million de demandes d'asile en Europe. Seules 74 468 personnes ont tenté leur chance en France. "La France est l'un des pays européens où les chances d'obtenir l'asile sont les plus faibles : en 2015, elle a rejeté 67 % des demandes, contre 47 % en moyenne dans le reste de l'Europe", lit-on dans le rapport de l'ONG.

Les juges qui statuent sur les demandes évoquent de plus en plus souvent des motifs vagues pour refuser le statut de réfugié aux demandeurs. "Manque de vraisemblance", "évasif", ou encore "ne donne pas le sentiment de la réalité vécue", peut-on lire sur certains dossiers. Certaines des personnes ainsi déboutées ont pourtant réellement subi des actes de torture ou d'autres formes de violence politique.

La France, patrie des droits de l'homme ? Peut mieux faire !

Avril 2017 FÉVRIER 2017